Les protagonistes du film Paprika sont capables de lire et d’agir sur les rêves grâce à un boîtier neuronal, le DC Mini. Simple fantasme narratif ou vision anticipatrice ?
Sorti dans les salles en 2006, l’adaptation du roman Paprika de Yasutaka Tsutsui par le regretté Satoshi Kon surprend d’emblée par sa séquence d’ouverture. On y voit le commissaire Konakawa diriger ce qui ressemble à une banale opération policière au cours d’un spectacle de cirque. Sauf que soudainement tout bascule : voilà notre policier mis en cage, comme par magie, assailli par une foule de clones lui ressemblant trait pour trait, ne parvenant à s’enfuir de justesse que grâce à l’intervention de l’héroïne éponyme du film.
Deux minutes totalement oniriques, au rythme soutenu par un montage dynamique et la BO de Susumu Hirasawa, où s’enchaînent des séquences a priori sans aucun lien les unes avec les autres. C’est sans compter sur l’art du montage de Kon qui leur donne une cohérence narrative.
Deux minutes qui s’achèvent par un brusque retour à la réalité, dans le décor d’une chambre d’hôtel. Tout ceci n’était finalement qu’une illusion, prétexte à une séquence de psychanalyse, où les rêves de Konakawa furent rendus tangibles par l’entremise d’une petite barrette placée juste au-dessus de son oreille et appellée DC Mini.
« Un jour, nous pénétrerons éveillés dans les rêves des gens »
Pourra-t-on un jour accéder aussi librement à nos rêves ?
